E-mail marketing : le guide complet de l'emailing
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E-mail marketing : le guide complet de l'emailing

7 min de lecture

J’ai vu des entreprises dépenser des milliers d’euros en publicité pour récolter des adresses, puis ne rien en faire pendant trois mois. Le premier e-mail partait au bout de six semaines, sous forme de promo. Personne ne se souvenait de s’être inscrit.

L’e-mail marketing ne demande pas un gros budget. Il demande de l’ordre : une liste propre, un premier message qui arrive tout de suite, quelques automatisations bien pensées, et l’habitude de regarder les clics plutôt que les ouvertures. Ce guide suit cet ordre. À chaque étape, je renvoie vers l’article qui creuse le sujet.

Avant le premier envoi

Trois éléments doivent exister avant d’écrire quoi que ce soit : un outil d’envoi (ce qu’on appelle un ESP, pour Email Service Provider), un formulaire d’inscription, et un nom de domaine authentifié. Le reste vient après.

Pour l’outil, je ne vais pas vous faire un comparatif de quinze lignes. Brevo, Mailchimp, MailerLite, Klaviyo ou ActiveCampaign savent tous envoyer une newsletter et une séquence automatique. Ce qui les distingue, ce sont des détails qui comptent selon votre cas : le prix au-delà de quelques milliers de contacts, la finesse des automatisations, ou l’envoi à l’heure locale de chaque abonné. Sur ce dernier point, les écarts sont réels (certains le réservent aux offres payantes) et je les ai détaillés dans l’article sur l’envoi selon le fuseau horaire.

Construire sa liste sans se mettre hors la loi

En France, la règle dépend de la personne qui reçoit l’e-mail. La CNIL l’explique clairement : un particulier doit avoir donné son consentement préalable avant toute prospection par e-mail, alors qu’un professionnel doit pouvoir s’y opposer. Dans les deux cas, la case pré-cochée est interdite.

En pratique, ça veut dire trois choses :

  1. Pas d’achat de fichier, jamais. Même « opt-in partenaire », le consentement ne vous concerne pas vraiment et les taux de plainte le montrent vite.
  2. Une case à cocher décochée par défaut, avec une phrase qui dit ce que la personne va recevoir et à quel rythme.
  3. Une trace de l’inscription (date, formulaire d’origine) gardée dans votre outil.

Pour faire venir des inscrits, le plus efficace reste une contrepartie précise : un modèle, une checklist, un mini-cours. Plus la promesse est étroite, plus la liste est qualifiée. Une page dédiée à cette promesse convertit généralement mieux qu’un formulaire perdu en bas d’article, et j’explique comment la construire dans le guide de la landing page.

Le premier e-mail : celui qui compte le plus

S’il ne fallait retenir qu’une idée de ce guide, ce serait celle-ci : l’e-mail de bienvenue est l’e-mail le plus lu de toute votre stratégie. La personne vient de donner son adresse. Elle attend quelque chose. C’est le seul moment où vous n’avez pas à mériter l’ouverture.

Un bon e-mail de bienvenue tient en quatre blocs : la livraison de ce qui a été promis, une phrase sur qui vous êtes, ce que l’abonné va recevoir ensuite, et une seule action à faire. J’ai rassemblé des exemples d’e-mails de bienvenue à adapter, avec les objets et les structures qui fonctionnent pour un e-commerce, un service B2B, une newsletter et une association.

Ensuite vient la suite logique : la série de bienvenue, trois à cinq messages étalés sur une dizaine de jours. Le détail (combien d’e-mails, quel délai entre chacun, quoi mettre dans le dernier) est dans l’article sur la séquence de bienvenue.

Automatiser

Une fois la bienvenue en place, les automatisations suivantes rapportent le plus pour un effort raisonnable. Je les classe dans l’ordre où je les installe chez un client :

ScénarioDéclencheurCe qu’il récupère
BienvenueInscriptionL’attention du moment de l’inscription
Relance après téléchargementRessource téléchargée, pas de clic ensuiteLes inscrits qui n’ont pas ouvert ce qu’ils ont demandé
Panier ou devis abandonnéPanier créé ou devis demandé, pas de commandeLes ventes presque faites
Après achatPremière commandeLe deuxième achat, souvent le plus dur
RéactivationAucun clic depuis 90 à 180 joursUne liste plus saine, ou des désinscriptions propres

Chacun de ces scénarios est une séquence à part entière, avec sa propre logique de délais et de sortie. Je les décris un par un, avec le contenu des e-mails, dans l’article sur les séquences e-mail marketing.

Segmenter, même un peu

On imagine la segmentation comme un chantier de data. Au début, deux ou trois segments suffisent : les abonnés actifs (un clic dans les 90 derniers jours), les inactifs, et les clients. Rien qu’en évitant d’envoyer une promotion « première commande » à des clients existants, on retire une source de désinscriptions.

La source d’inscription est le deuxième critère que j’ajoute toujours. Quelqu’un qui a téléchargé un guide technique n’attend pas la même chose qu’un acheteur venu d’une publicité. Les critères, la collecte des données et les erreurs classiques sont développés dans le guide de la segmentation e-mail.

Arriver en boîte de réception

Un excellent e-mail qui atterrit dans les spams ne sert à rien. Depuis le 1er février 2024, Google impose des règles à tous les expéditeurs qui écrivent à des adresses Gmail. Sa page d’aide aux expéditeurs en liste plusieurs, et trois me semblent incontournables :

  • authentifier le domaine d’envoi avec SPF ou DKIM (et les deux, au-delà de 5 000 messages par jour vers Gmail, avec DMARC en plus) ;
  • garder un taux de spam signalé sous 0,3 % dans Postmaster Tools ;
  • proposer la désinscription en un clic sur les e-mails marketing, avec un lien visible dans le corps du message.

Le reste de la délivrabilité tient à l’hygiène de liste : supprimer les adresses qui rebondissent, ne pas réveiller d’un coup une base endormie depuis deux ans, chauffer progressivement un nouveau domaine. Tout est expliqué pas à pas dans l’article sur la délivrabilité.

Les chiffres à suivre (et celui à prendre avec des pincettes)

Le taux d’ouverture a longtemps été l’indicateur roi. Il ne l’est plus. Apple indique dans sa documentation que la protection de la confidentialité de Mail empêche l’expéditeur de savoir si vous avez ouvert son message. Une partie de vos « ouvertures » est donc mesurée de façon approximative, et votre outil le sait parfois mieux que vous.

Je regarde dans cet ordre :

  1. Le taux de clic, parce qu’un clic est une action réelle.
  2. Le taux de désinscription par envoi, pour repérer une fréquence trop élevée ou un sujet hors cible.
  3. Les plaintes pour spam, qu’il faut garder sous le seuil de Google cité plus haut.
  4. Le taux d’ouverture, en tendance seulement, pour comparer deux objets entre eux.

Cela ne veut pas dire que l’objet n’a plus d’importance. Il reste le premier filtre. Le nom de l’expéditeur, l’objet et le texte d’aperçu décident de l’ouverture, et j’ai détaillé six leviers concrets dans l’article sur le taux d’ouverture.

Par où je commencerais demain

Si je reprenais une liste de zéro, je ferais ceci, dans l’ordre, sur deux semaines :

  1. Authentifier le domaine (SPF, DKIM, DMARC) avant le moindre envoi.
  2. Écrire l’e-mail de bienvenue et le brancher sur le formulaire.
  3. Ajouter deux e-mails à la suite pour former une mini-série.
  4. Créer les segments « actifs », « inactifs », « clients ».
  5. Envoyer une newsletter par mois, à date fixe, et noter les clics à chaque fois.

Ce n’est pas spectaculaire. C’est ce qui marche. Une liste de 800 personnes qui reçoivent un premier e-mail utile vaut plus qu’une base de 20 000 contacts qui ne savent plus qui vous êtes.

Dans l’usage, aucune. « Emailing » désigne souvent l’envoi d’une campagne ponctuelle, « e-mail marketing » la stratégie complète (liste, automatisations, mesure). Les deux mots recouvrent le même métier.
Pour une newsletter, un à quatre envois par mois. Au-delà, surveillez le taux de désinscription à chaque envoi. Les e-mails automatiques (bienvenue, relances) ne comptent pas dans ce rythme, puisqu’ils répondent à une action de l’abonné.
Selon la CNIL, en B2B la personne doit être informée et pouvoir s’opposer, et le message doit concerner son activité professionnelle. Le consentement préalable reste la règle pour les particuliers.
Non. La plupart des outils ont une offre gratuite suffisante pour une première liste. Le passage au payant se justifie quand vous avez besoin d’automatisations avancées ou d’options comme l’envoi à l’heure locale de chaque abonné.
Thomas Renaud

Écrit par

Thomas Renaud

Consultant en marketing digital depuis 12 ans, Thomas a accompagné plus de 200 entreprises. Son terrain de prédilection : l'e-mail marketing, des séquences de bienvenue à la délivrabilité. Ancien directeur marketing en agence.